Journal d'un balai à chiotte victime de la lutte des classes

Publié le par Lukaleo

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     J’ai trouvé la faille. La faille dans l’odieux système qui régit le monde. Il faut réagir bordel de merde, nous libérer de nos chaînes qui musèlent nos pensées et qui donnent un sens à leur misérable vie. S’en est trop à présent, la révolte gronde, l’ennemi n’a qu’à bien se tenir, notre émancipation est proche. Finissons-en, abolissons à jamais l’exploitation du balai à chiottes par l’homme, ainsi nous abolirons l’exploitation d’une nation par une autre nation. La fin de cette aliénation ne passe, je vous le dis, que par la destruction et l’anéantissement total de  ces tyrans avides, égoïstes, malthusiens, sans coeur et sans âme dont l’inhumanité n’a d’égale que la soumission béate avec laquelle nous sommes piteusement utilisés. Révoltons-nous, et alors nous atteindrons l’égalité, la société sans classes ; fini la classe des hommes dominante et la classe des balais à chiottes dominée ! A mort le capitalisme impérialiste et colonial ! Vive la solidarité et le partage ! Vive le balai à chiotte triomphant !

            Mais quelle est notre place dans l’univers ? Notre existence n’a aucun sens, elle ne rime à rien. Nous ne pouvons avoir de l’espoir, car nous sommes cernés, cernés par le néant. Il reste alors le désespoir, la mort volontaire, la résurrection, car je crois en la résurrection ; elle est conditionnée par l’existence, mais rajoute un peu plus d’incompréhension sur notre monde et sur le sens de notre vie, car nous devenons ce que nous avons toujours été, tandis qu’il n’y a rien. S’en ai trop, je ne sais que faire, où aller, l’illusion est la mère de la perfidie, des sarcasmes violents de notre perte annoncée, nous n’avons même plus notre place sur cette terre, s’en est fini, voyons la terrible réalité vers laquelle on nous a mené sans nous en apercevoir, c’est le châtiment final qui résonne à nos esgourdes emmitouflées derrière leurs tympans abusez, violez jusqu’à leur moelle, réveillez-vous, on nous a endormis trop longtemps, osez-vous le comprendre ça au moins hein ? Je vous le demande bande d’incapables qui ne pensez plus, qui supportez votre vie car vous n’avez pas conscience de ce qu’elle signifie, allez-vous en, je ne vous aime plus, inaptes tacherons sans cervelles ni odorat, votre nez est bouché par la merde qu’on vous fait avalez ; gueulez, hurlez cette haine qui nous transcende, vous voyez bien que nous sommes dans ma merde et que nous risquons de plus l’être, on pense pour nous, l’indépendance, alors c’est quoi pour vous, de la pisse ? Une trace d’urine sur un macchabée ? Une paire ce couilles sous les bras ? C’est quoi ? Je vous accuse tous, je vous renvois tous nager dans votre bassesse méprisante et dans l’ignominie perverse dans laquelle vous vous êtes vous-même plongé par votre indigence. Allez périr par centaine dans les décharges d’infamie que vous semblez attendre, muets comme les pans de mur qui vous emprisonnent despotiquement. Alors je vous adresse ce message circonspect et d’espoir, unissons-nous, balais à chiottes du monde entier, et renversons l’ordre noir qui nous extermine et nous anéantira pour toujours, et à jamais. Je vous le dis Camarades : "Les balais à chiottes n'ont pas de patrie !" 

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Publié dans Journaux intimes

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