Fafouette : neuvième - La Certitude
C’est en lisant un excellent article de fond du journal d’investigation « Télé Z », que m’est venu aujourd’hui même avec stupeur la suivante constatation : plus on est instruit, moins on est sûr de soi. De même, plus l’ignorance qui est la vôtre est grande, plus vous vivez dans la plus totale certitude, ce qui amène à penser avec effarement que la plus vaste érudition est proportionnelle au doute, tandis que l’ignorance la plus absconse est relativement égale à la conviction la plus indubitable, fruit certain de la croyance la plus évidente. Ce fait établit, j’en suis sûr, du doute que procure le savoir, de la conviction que procure la bêtise, se prouve facilement : si vous parlez avec un professeur académicien à la vaste érudition, vous pouvez être certains que si vous lui poser de vraies questions (c’est-à-dire celles qui demeurent sans réponses), et bien il ne sera pas sûr de son explication ! Il se lancera dans un monologue rhétorique pompeux qui l’amènera à dire en conclusion après moult citations de Platon et de nombreux passage éminemment ennuyeux que « le sens de la vie est difficile à trouver », et que lui-même, à plusieurs hypothèse, bien qu‘il soit dans le doute le plus sombre. Inversement, demander au plus ignare des hommes quel est le sens de la vie, et vous aurez potentiellement droit à deux réponses différentes : soit il vous expliquera pourquoi on vit, pourquoi on meurt, et cela avec une certitude déconcertante, soit il vous dira qu’il n’en sait strictement rien, et que par ailleurs, il n’en à rien à foutre de ces conneries, que de toutes façons le prix du pain, il a encore augmenté, bordel de merde.
Là, où c’est intéressent, c’est que le doute, seulement dans les grandes interrogations qui hantent l’humanité depuis les débuts de son existence, est synonyme d’intelligence, et la certitude, de bêtise, et je vous ferai dire que sur la question de l’existence ou de l’inexistence d’un dieu omniprésent, les instruits vous dirons qu’ils hésitent, et les cons, soit qu’ils sont certains que c’est des conneries faite pour les bonne femmes, soit qu’ils sont certains que le vieux barbu nous regarde sur son nuage. La questions qui se pose devant nous comme une soucoupe volante devant Louis de Funès, est donc de savoir, s’il vaut mieux être un débile qui ne sait rien, et qui par conséquent est sûr de lui, où s’il vaut mieux être une instruit, qui n’est pas sans ignorer beaucoup de chose, mais qui pourtant, n’est sûr de rien ? Celui qui sait ne sait-il rien s’il doute lui même de son savoir douteux, et celui qui ne sait rien, n’est-il au fond pas plus instruit que l’instruit qui pousse la vice jusqu’à douter du bien fonder de sa vaste érudition, puisque le premier à au moins le courage de ne pas douter de ce qu’il sait, et par conséquent, d’en être sûr ! Certains malingres répondrons avec la périlleuse amabilité qui les caractérise que la question ne se pose pas, puisque les peu instruits, plus instruits au fond que ceux qui se déclare avec doute et fausse modestie comme des instruits, se disent sûr d’eux, certes, mais cette croyance formidable en un fait, n’implique pas forcement que ce fait est vrai, et que donc on peut se trompez, ce qui est au fond le principale défaut de ceux qui, en plus d’être des cons, sont sûr d’eux, ce qui par ailleurs ne va pas l’un sans l’autre. Oui, accepterons certains, qui répondront tout de même avec une goutte de sueur sur le front, que ça ne sert à rien de passer des heures à lire de livres et à essayer de comprendre les grands courants de la pensée humaine, si c’est au final, pour déclarer que l’on est dans le doute ! Pire, ce comportement relèverait même des cons, puisqu’il faut quand même bien être un peu à côté de la plaque pour être instruits, et au final ne rien savoir ! Comme il faut être cons, rétorqueront certains, pour aller être persuader d’un fait que l’on juge indubitablement établi, alors que l’on est con ! Puisque, étant con, on ne sait rien ! Vu qu’on est un con !
L’humanité serait donc composée de deux sortes de cons : ceux qui sont instruits, et qui « savent qu’on ne sait jamais », et qui par conséquent ne savent rien, ce qui en fait des cons, et l’autre, composée d’analphabètes intégristes, qui pensent être certains de tout alors, qu’étant illettrés, il ne savent rien, et que toutes leurs certitudes est basée sur de la médiocrité qui les nimbe ! Voilà donc où nous sommes.