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Ernst Wolfgang von Suzelmayer
( 1878 -1935)
DEUXIEME FRAGMENT
11 janvier 1910
Deux attitudes face à la Pensée : aspirer à l’océan – ou n’aspirer à rien.
Les philosophes, d’abord, dont je suis ; ceux qui tentent d’escalader le relief de quelque Vérité, voilée par la vie. Et les mesquins – les prosaïques –, qui ne veulent surtout pas sortir de l’enclave, dont la seule activité philosophique consiste à s’autoproclamer « exceptions », au nez et à la barbe des plus orgueilleux systèmes… Pourfendeurs compulsifs de toutes les dialectiques, ces gens-là s’égayent à déloger de leurs métaphysiques sommaires les quelques Icare audacieux qu’ils rencontrent ; la simple fait de les acculer aux déceptions de la réalité (ce lieu secondaire du monde, où les abstractions les plus vastes et les définitions les plus vagues s’effondrent face à la brutalité aveugle et sourde du moindre contre-exemple) les remplie d’une jouissance triviale et quelconque.
Il faut les voir, ces amputés de l’esprit, dédaigner par une moue vaguement incrédule, toutes les théories, comme par manque de vitalité ; ils semblent pris d’un vertige dès qu’une « Idée » est formulée près d’eux. Mais ce vertige ne dure guère – bien vite lui succède la résolution (la seule dont ses âmes médiocres soient capables) de réduire aux abois la thèse indélicate, qui effleura, un instant, leur intelligence bornée d’un frisson d’immuabilité. Et les voilà qui s’opposent aux grandes idées, avec des broutilles : le plus souvent, ils réfutent les plus hautes abstractions en convoquant leur nombril, ou celui de leur voisin, ou de leur beau-frère ; parfois, c’est en écoutant attentivement, mesquinement, un raisonnement qu’il parviennent à le disqualifier, en mettant le doigt, servilement, sur un point insignifiant, et vicié, qui fait crouler l’ensemble.
Il me semble distinguer dans ce plaisir affecté de contredire toute théorie un tant soit peu « élevée », l’atome même de la vulgarité. A savoir : la volonté de ne pas être trompé. Voilà le danger qui plane au-dessus de toute vie intellectuelle, et qui plonge celles qui l’ont inoculé dans une paralysie spirituelle odieuse et incurable, forme ultime d’avilissement : être blasé – faire fi de tous les dieux pour flatuler dans l’incertitude.
Dès qu’une décision philosophique doit être prise, dans quelque domaine que ce soit, ces concepteurs obtus de viles objections réfutent à tout va – soudainement excités par la terreur sourde de n’être pas dans le vrai… Ce qui n’est pas sûr, bêtement, lâchement, ne peut pas être très intéressant. Leur devise, leur adage favori, celui qu’il chérissent tous, et qu’ils répètent à longueur de salon : « Je ne crois que ce que je vois » – suprême capitulation ! C’est là sans doute l’obsession qui pénètre également tous ces esprits étranges et égocentrés, vautrés dans une morne irrésolution ; ces esprits, en somme, qui font naître chez d’autres, un goût amer de misanthropie ; ces esprits, qui veulent (comme cette conjugaison est explicite) voir le monde "tel qu’il est", en s’efforçant de ne surtout pas distinguer au-dessus de lui les lois, qui peut-être, le détermine – supposition qui les dépasse, et en ce sens : irrecevable, inconcevable et barbare.
La hantise de se tromper, les efforts qui
l’accompagne, constitue une entorse à la pensée, propre aux âmes prosaïques. Ces intelligences tremblantes ne peuvent s’élever à quoi que ce soit ; leur paranoïa les condamne à croupir dans
la banalité complète que confère à la vie l’absence totale de certitude – absence qui n’est pas du scepticisme (car le doute y est encore un choix, un principe, une décision), absence que les
prosaïques eux-mêmes appellent le plus souvent, par pédantisme et par erreur, du « cartésianisme ».
(Le « midi à sa porte » est le dernier recours des imbéciles ; à mépriser. Être sentencieux demande encore un brin
d'audace ; à respecter, donc, quoi qu'on dise...)
(S’il n’est rien d’autre, dans le cours de l’Histoire, qu’une vérole fervente allaitée par d’improbables absolus, l’héroïsme – cette fièvre démente d’adoration et d’enthousiasme, cette épilepsie fanatique qui sécrète de l’inconditionné –, l’héroïsme, dis-je, me semble cependant une dangereuse mais nécessaire essence de la Pensée. Renoncer à tout héroïsme, en matière de Pensée, conduit inévitablement à concocter des métaphysiques de babouins. A bannir, donc, devant les hommes, en face desquels il n'est qu'une convulsion, l'héroïsme est essentiel à la vie, en tant que telle. Une solitude héroïque – voilà qui vaut mieux que le bonheur lui-même.)

Ernst Wolfgang von Suzelmayer
( 1878 -1935)
FRAGMENTS INTIMES
Entre 1910 et 1914, et pour des raisons qui n’ont pas été éclaircies, Suzelmayer a cessé de tenir régulièrement son Journal. Il avait cependant l’habitude de consigner des notes sur les marges de ses manuscrits, des livres lui appartenant, ou des feuilles disséminées qui lui tombaient sous la main. Ces notes, inédites, ont été récupérées, classées et rassemblées sous le nom de Fragments intimes. Portant sur des sujets divers – philosophique, politique, littéraire ou intime –, elles constituent un témoignage essentiel pour comprendre la vie et la pensée d’un des auteurs les plus originaux du XXe siècle. (Le Moindre)
PREMIER FRAGMENT
02 janvier 1910
Il me prend des envies d’écrire, le soir, ou la nuit, juste avant l’aube. J’aime l’hiver pour ses longues nuits – d’où le somme est banni. Je suis conçu pour elles ; je suis un oiseau de nuit.
Le jour, j’erre. Il me vient des envies de divertissements, et la densité de mes heures se dissout dans la clarté du ciel. Je m’ennuie, le jour ; je ne fais plus ; je passe le temps. Je suis sans vivacité ; perdu dans la grandeur de midi – je ne pense plus qu’à manger.
Il me faudrait prolonger mes nuits. Toujours, les rendre plus longues – plus tardives. Mais le sommeil monte en moi comme la mer. Et je n’y tiens plus ; je dors. Je voudrais qu’il n’en fût rien. Je voudrais tenir. Veiller jusqu’au bout, ne rien rater du noir ; et me retirer, seulement, quand une aube funeste s’abat sur le jour. J’aime l’idée que l’essentiel de ma journée se passe en soirée. J’aime surtout que mes soirées soient plus longues que mes journées elles-mêmes. Ainsi je me décale et me recueille – loin d’eux.
Ermite, vivant à l’écart – et à Paris !... la nuit est la plus belle solitude du monde.
Le jour au contraire est populeux et coloré. Surtout : il est bruyant. C’est là son principal défaut. La nuit le surpasse en grâce parce qu’elle a l’élégance d’être muette.
Je crois qu’il n’est rien de plus poignant qu’une chose qui dort. Ce qui est éveillé est agaçant ; ce qui dort fascine – et fait rêver. Toute beauté est dormante, ai-je lu quelque part… Comment dès lors ne pas adorer la nuit – ce profond sommeil du cosmos, cette grande pourvoyeuse de beauté ? Comment ne pas frémir à l’approche du jour, ce grand enlaidisseur universel, qui ranime l’horreur de la vie en faisait s’agiter les fleurs ?... Comme je hais ceux qui ont choisis le jour !... Éreintés du soleil, illuminés chafouins, théoriciens de l’aube qui vous pâmez devant l’insanité de tout aurore, j’implore au hasard votre fin prochaine !
(Dans le mot « Bonjour » – que de vulgarité, que de fausse joie et d’indifférence contenue ! C’est un mot terriblement éreintant ; un mot profondément social. Alors que dans le « Bonsoir » brille quelque chose de supérieur – une teinte bleutée, grave et soyeuse. Il sonne comme une de ces promesses qui germent au crépuscule. Chaque bonsoir contient un secret – une invitation au fond de la gorge. C’est le mot le plus exquisément intime du langage.)
(L’Histoire, elle-même, cette grande manufacture d’idéaux et de [mot illisible dans le manuscrit], s’est écrite le jour. La fureur et la guerre sont d’essences diurnes. Les ignominies de la nuit sont bien maigres en comparaison – quelques déclarations d’amour werthériennes, tout au plus…)
Ce que je veux dire pour en finir avec Homère, c'est qu'il nous a fait découvrir que l'échec n'est pas vécu, mais qu'il s'accompagne en fait d'un accommodement, très particulier, et qui consiste en une gestuelle supportant d'une façon ou d'une autre l'échec en tant que promesse d'une vie médiocre. Les héros homérique échappent tout naturellement à cette définition, et j'en veux pour preuve Ulysse, quoique véritable exilé, et échoué, aux quatre coins de la Méditerranée, celui-ci retrouvera le chemin de sa mère patrie, et ceci tiendrait à son industrie, qui en vérité n'est rien d'autre que sa sincérité, concept dont la beauté, la noblesse le fait aimer des dieux. La sincérité est en quelque sorte la puissance provenant de soi que l'on investit dans le présent. Achille était sincère, Agamemnon aussi, Diomède l'était, Ulysse, l'est. Et cependant, n'omettons point une chose intrinsèque à la sincérité, et que l'on retrouve notamment dans le personnage Ulysse, c'est le jeu. Jouer qui ne signifie rien d'autre que mettre de même toute sa joie, tout son effort dans ce qui est maintenant, et qui consiste en outre, a viser le triomphe absolu, c'est à dire à refuser totalement l'échec. Aussi, les Grecs furent-ils les inventeurs illustres des Jeux.
J'ai dit que les moments chez Alkinoos, où Ulysse entend sa propre histoire, étaient le récit de cette sincérité ; il reste toutefois à évoquer Pénélope, les Prétendants, et peut être bien Télémaque, fils d'Ulysse. Le massacre des Prétendants a cela de singulier, qu'il est nécessaire si l'on se souvient bien de ce qui vient juste d'être dit, à savoir qu'Ulysse joue. Or jouer est parfois tuer ; il faut bien en effet, qu'un vainqueur demeure, par conséquent, il faut que les autres joueurs, ou prétendants à la victoire soient éliminer, de sorte qu'Ulysse soit effectivement le seul victorieux. En outre, les Prétendants incarnent l'échec, et à la vérité vivent dans la plus grande absurdité, étant donné qu'ils persistent chaque jour pour triompher, pour embrasser enfin de Pénélope, les joues tant désirées quoique humectées par les larmes de la mélancolie, et que ces Prétendants n'y parviennent jamais, voilà le déterminisme de l'échec, son éternel retour. De son côté, Télémaque est le transgresseur qui fuit cette Ithaque décadente, cette nécessité et qui par là, fait déjà preuve de la divine sincérité.
Le mythe par conséquent, s'est s'accommoder de l'échec, et c'est le jeu. L'esthétique du mythe, sa construction est comme un jeu, et là-dedans un héros s'accomplit, et accompli son destin. Assurément, si l'échec répond bien à la définition que nous avons donné plus haut, que l'échec est la promesse d'un vie médiocre, le héros homérique dispose alors de ce que j'appelle l'audace d'être digne qui est fort rare mais qui est l'abandon définitif de soi, au point de naviguer en pleine Méditerranée, mer de dangers, et d'être dans le refus de tout héroïsme, c'est là peut être l'ultime leçon à tirer d'Homère : c'est dans le refus de l'héroïsme, ou dans l'indifférence, que renait, qu'émerge, le héros ; son audace, sa dignité.
Je voudrais introduire deux notions centrales relativement à l'échec, deux notions qui sont peut-être la solution au problème fort délicat de l'échec dans l'Odyssée et plus généralement chez Homère. Ce serait d'abord la sincérité, et puis la supériorité. Par sincérité j'entends le jeu. C'est qu'Ulysse est le héros qui joue ; il est celui qui dissimule, et qui se cache, et qui encore revêt des masques ; il est tantôt mendiant, tantôt Personne. Dans l'Iliade Ulysse ne périt point, et cela tient à ce qu'il est précisément l'agilité fait esprit, le jeu fait instinct. Pourquoi cependant rapprocher de la sorte jeu et sincérité. La raison en est que le jeu est la chose à laquelle nous nous livrons de façon la plus vraie, la plus honnête, tel un enfant qui n'est pleinement lui-même que lorsqu'il joue. Ceci n'en est pas moins vrai pour l'homme, pour Ulysse qui a cette disposition naturelle. Par conséquent, la sincérité n'est rien d'autre.
Le rapport à l'échec en découle aisément ; la vie sincère – c'est à dire le jeu – échappe à l'échec. Il ne s'agit pas de sortir de cet endroit obscur, et confus, le monde de l'échec, ainsi qu'un platonicien pourrait fort maladroitement interpréter mon idée, afin d'atteindre un nouvel endroit, celui de la perfection, ou de la gloire ; mais plutôt de vivre d'une certaine façon l'échec, de sorte que la délicatesse, ou encore la manière dont on le vécût, parût grande, belle, sublime. Ulysse, ce héros réduit à un fragment de malheur et d'infortune, n'en est pas moins le génial dépassement de l'échec qui étouffe et qui subsume. L'Odyssée est l'histoire de ce dépassement, quoique le mot n'est point le bon ; il en est en fait tout autrement : Ulysse détient un style qui revient à vivre l'échec de telle manière, avec une gestuelle, selon une allure, etc. Or ceci c'est précisément le jeu, la sincérité.
Quand Ulysse est confronté au récit de Démodocos, qui lui chante un épisode de sa vie passée, et qu'il se met à pleurer, Ulysse ne pleure sur rien d'autre que sur sa gestuelle, sur sa sincérité devenue destin, et qui correspond à ce que je veux décrire en second, à savoir la supériorité. Dans les récits qu'Ulysse a l'émotion d'entendre chez les Phéaciens, c'est comme si Achille, avait pu entendre le récit de sa propre vie, juste avant de mourir, et que par conséquent, on lui eut conté sa colère, et la mort de Patrocle ; et cependant, Achille a eu en quelques sortes ce même récit, quoique il l'ait entendu avant même qu'il advienne effectivement. Achille a dû consentir a priori, à vivre tout ce qu'il allait connaître par la suite. Ulysse de son côté, écoute l'histoire de sa sincérité dans un moment où il ne réussit plus à la conserver. L'émotion naît au moment où Ulysse se rend compte de la sincérité du jeu qu'il a mené jusqu'ici ; il s'aperçoit en un mot que son échec a été, jadis, surmonté par la grandeur dont il a fait preuve, et qui s'est révélée, certes pendant, mais bien plus clairement ensuite, et en l'occurrence, après la réussite du Cheval de Troie. A cet instant des récits de Démodocos, il y a comme un retour sur soi, qui par rapport à l'échec, fait émerger celui-ci, lequel est submergé à son tour par la supériorité intrinsèque mise à jour par le devenir. En quelques sortes, c'est comme repenser à toutes nos décisions, à tous nos actes, à tous ce que nous avons décidé, pensé, anticipé, dans la vivacité et le devenir du jeu, dès lors que la partie fut terminée, et que la victoire fut notre. Si l'on fut bon, génial, on constatera que notre supériorité était comme sous-entendue dans chaque décisions que l'on prenais, quoique celles-ci furent précisément difficiles. Le jeu cependant auquel se livre Ulysse, est un jeu qui est sans fin (et qui pourtant trouve une fin dans les deux récits de Démodocos) et qui est particulièrement instinctif, sincère, et en quelques sortes sans trop d'anticipations, sans trop de calcul, sans la conscience d'accomplir un geste pour l'histoire, bref sans la conscience absolue de l'événement, tel un héros échoué quelque part en Méditerranée, non pourtant sans excellence.
Nous avons largement atténué l'importance de Patrocle dans le retour d'Achille ; il faut à mon sens le considérer comme une Hélène, comme l'horizon apportant audace et dignité. Patrocle est celui qui cause et l'émotion, et le retour furieux d'Achille dont l'héroïsme s'emporte à nouveau, bien que cela soit dans un moment tragique. Mais en fait, Achille est confronté à une contradiction qui ne peut se poursuivre sans conséquence pour lui. Il est au pied du mur et comme il est encore dans cette distanciation de l'instant, évidemment, les conséquences lui sont d'une part indifférentes, sinon toujours cette certitude fatidique de la mort prochaine, et d'autre part, la position qu'il occupe depuis le début, provoquée par sa passion brutale, n'est plus a analysé, à penser de façon logique, tout cela ne préoccupe pas Achille, lui qui dorénavant à son Hélène en la personne, certes décisive, de Patrocle, qui est allé trop loin et qui s'est fait tué, de sorte que la guerre de Troie va trouver enfin son issue, grâce à cet horizon symbolique et non moins réel, qui fait fuir le héros de sa retraite dont on peut penser qu'elle était aussi le lieu où Achille comprend qu'il va mourir ; donc, pas de retour sur un moi passé, mais sur un devenir et sur l'instant faisant éclater cette contradiction causée par Patrocle, Hélène d'Achille. La faiblesse du héros n'est que l'effet de sa puissance trop émergente, submergeante. Or l'échec est de l'autre côté. Achille est tiraillé entre l'avenir, et l'honneur qui lui est attaché, et l'instant, qui est lié à la passion fougueuse mais inconséquente. Le chemin est clair, il est tracé, et pour Achille, il est la seule route possible. L'horizon est tout aussi lumineux que terrible. Et moi j'appelle ça épopée.
Nos dernières considérations sur l'Iliade vont porter sur une définition du héros, ou du grand homme, qui échappe miraculeusement à l'échec, bien que lui-même doit l'ignorer. C'est qu'il est tout entier dans l'inconscience de la grandeur, précisément parce qu'il n'a pas de regard sur son passé. Un pareil regard serait fatal au héros. C'est donc finalement ce qui arrive à Achille au début du récit. Mais bien heureusement, il s'en détourne fort rapidement, prenant la voie, la seule, assez tôt; de la tension qui va le mener jusqu'à ce retour, cet apaisement, et puis cette mort, ensuite. Si Achille, au fond, a pu faire une erreur en entrant dans une colère sombre et impitoyable, etc, cela ne doit pas atténuer ce qui est révélé à sa mort, sa supériorité. C'est là la plus belle chose qui puisse arriver à un homme, et qui arrive au héros. C'est aussi ce qui arrive à Agamemnon, le chantre élu de l'échec ! Et au divin Achille. S'apercevoir que tout ce qu'il à fait, toujours dans la sincérité la plus profonde, fut faux, ou une vaste erreur, ou pire encore, l'éclat de son ignorance et de son insuffisance, et que cela fut fait au nom même de sa supériorité ! Voilà le destin tel qu'il est présenté chez Homère, au fond. Et cette plus belle chose que je décris, un héros va en faire bientôt la ravissante expérience, l'émouvante et sublime expérience, l'inattendue encore, ce héros, nous le nommons, Homère le nomme « l'industrieux Ulysse », « Ulysse aux milles ruses », Ulysse, la victime échouée de la chose la plus belle !
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