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Ephémeride

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Archéologies

Guy l'éclair !

Les questions se bousculent dans ta tête ?...
Et personne pour y répondre ?!

Non pas !

A ton intention, lecteur inexpérimenté...
Le Moindre :
Mode d'emploi
 

 

Ami lecteur, souviens t’en : comme toute grande œuvre, le Moindre se mérite. Il ne s’agit pas de le lire ; il s’agit de la conquérir – car le Moindre est une conquête. Ami lecteur, tu dois être digne du Moindre pour espérer en apprécier toute la sophistication ; oui, tu dois avoir l’audace d’être digne de lire le Moindre ! Pour cela, voici quelque clef, lecteur, qui te permettront de déchirer le voile de la complexité, et de pénétrer enfin toute la puissance du Moindre.

 

1) Le Moindre est un quotidien ; chaque jour a son texte, chaque texte à son jour. Lecteur, nous te conseillons de ne pas remonter trop loin dans le temps ; erreur de jeunesse que ce qui à été écrit en  2007...

 

2) Le gros de la production moindresque est initialement réparti par genre, avec : les Nouvelles, les Journaux intimes, le Théâtre et les Poésies. Simplicité extrême s’il en est.  

 

3) Cependant, les propos conséquents de certain texte nous amènent à découper l’ensemble sur plusieurs épisodes, étalés en quelque jour : il s’agit des feuilletons dits : Suites of This – qu’il faudra suivre avec pugnacité (et impatience).

 

4) Les choses se compliquent singulièrement avec certaines catégories de textes qui n’existent que par elle-même : c’est le cas des Fafouette (ensemble de cours magistraux à hautes valeurs ajoutées sur des sujets aussi divers que variés) et des "Oeuvres complètes " du grand philosophe franco-allemand Ernst Suzelmayer, théorien de l'Echec, et de sa flétrissure.

 

5) La situation devient véritablement obscure aux néophytes avec l’existence d’un « roman » à l’intérieur du blog : il s’agit des Carnets du dictateurs, commencés il y a fort longtemps et loin d’être terminés. Qui voudra en comprendre les enjeux actuels devra en revenir au moins à l’incipit ; telle est la dure loi du Moindre.

 

6) Les choses atteignent des degrés insondables de complexité avec les Fragments de Jovialovitch, où se trouvent classés tous les textes qui ont de près ou de loin un rapports avec le Carpatisme, nouvelle philosophie dont le Moindre se fait le prophète. On y trouve actuellement (et dans les années à venir) des « Chants », qui racontent le voyage philosophique d’Aïdigalayou, voyage qui débouchera sur rien de moins que la connaissance absolue du Carpatisme !

 

Lecteur, te voilà initié ; il ne te reste plus qu’à lire. N’oublie pas : le Moindre se mérite, et se conquiert. Nombreuses seront tes souffrances. Mais grande est la récompense : être familier au Moindre, et le comprendre, c’est atteindre à coup sûr : la Béatitude Suprême !

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Nulla dies sine linea

Bienvenue à toi, lecteur, sur Le Moindre, blog épistolaire de qualité qui te fera pénétrer chaque jour plus avant dans le champ de la civilisation, à force de Nouvelle enivrées, de Journaux intimes chimériques, d’épisodes feuiltonesques, de Poèmes glacés, de Cours magistraux, de Théâtralités dramaturgiques ou de Fragmets philosophiques quotidiens ; le tout avec la verve des grands jours et l’humour du feu Blog Lukaleo...

Dimanche 26 avril 2009

 

Agamemnon, chantre élu de l'échec

     Avec Hector, on sait maintenant que l'échec n'empêche pas l'héroïsme et la grandeur. Agamemnon, le fameux chef des Achéens en est une fois de plus l'éclatante preuve. Le Chant I de l'Iliade est celui de la colère d'Achille ; Agamemnon en est la cause, c'est là déjà un premier échec du personnage mythique, montrant par ailleurs sa fougue insatiable de dominateur. Mais enfin tout de même, c'est un échec, et il est renforcé par cette illusion, qui le saisit au Chant II et qui lui fait croire à une victoire assurée de ses troupes. Agamemnon est dans l'échec ; il vexe d'abord son héros le plus digne, puis ensuite se croit tout à fait certain de vaincre. Cela n'est encore rien. Il s'aperçoit finalement de la nécessité de rappeler Achille, tout confronté qu'il est, lui et son armée, à la déroute. Or pour Achille, il n'est pas question de revenir, malgré tout les trésors qu'entend lui offrir Agamemnon, chantre élu de l'échec. Au Chant XI pourtant voilà qu'Agamemnon redonne espoir aux Achéens en s'illustrant de façon magistrale, enchaînant les exploits, etc, cependant tout cela se révèle vain et le pauvre chef sans gloire est blessé. Il semble véritablement qu'Agamemnon soit cerné par l'échec, et l'on sait le destin de cet homme, lorsqu'il rentrera dans sa patrie, et qu'il trouvera la mort infamante, assassiné par Clytemnestre et Egisthe.

     Agamemnon est l'incarnation du chef victorieux mais habité par une sorte d'infortune qui entraîne les pires désastres pour ses hommes et pour lui-même. C'est là un nouveau paradoxe, c'est que l'échec, tel que nous l'entendons, n'a rien avoir avec la défaite ou l'insuccès. L'échec peut aussi bien s'associer au plus grand triomphe qu'au plus sombre revers. L'échec a cela de particulier qu'il provoque des attitudes qui sont soit des émergences ou bien des naufrages. Agamemnon, si l'on disait de lui qu'il était échec, rien qu'échec, cela reviendrait à parler d'un Zeus humain en des termes à la vérité, fort peu divin. En fait, ce qui est sublime dans la figure d'Agamemnon, c'est qu'il fait toujours le mauvais choix, se trompe sans cesse, et pourtant triomphe toujours. On pourrait parler de déterminisme de la grandeur. Il va d'échecs en échecs, mais cela n'est pas un déclin, bien au contraire, sa stature incontestée est comme présupposée dans son être, quoiqu'il fasse. Qu'il échoue, il n'en demeure pas moins dieu ! Il est toujours le chef, et cela ne dépend pas de ses actes qui sont sans conséquences, si peu illustres soient-ils, pour sa superbe naturelle. C'est peut être une belle définition du grand homme, celui qui n'est jamais remis en question, même dans ses décisions qui se révèlent les plus catastrophiques. La dignité est le noyau insécable de ce héros, victime de sa supériorité olympienne.


Diomède, la transgression de l'échec

     Diomède, le guerrier de la réussite totale. Tout ce qu'il entreprend est une victoire. On a pu le comparer à un lion, tant sa fougue et sa puissance étaient aveugles et ne souciaient guère de calcul ou d'ingéniosité quelconques. Il est si audacieux, qu'il s'attaque aux dieux, blessant, ironie du sort, le dieu de la guerre Arès. Diomède est donc ce héros sans faille, d'une bravoure immense, et d'une folle audace, qui va, avec toujours le même entrain, à la conquête, ignorant la possibilité même de l'échec. Au fond, dès le début, Diomède s'impose ; il ne gagne pas en puissance au fur et à mesure, il est une force brutale qui prend les choses de manière à les transformer en dominations. Si Diomède doit être tragique, ou dans l'échec, il n'en aura jamais la conscience ; la flétrissure est chez lui quelque chose d'impossible car toujours il provoque et domine. C'est cet instinct transgresseur qu'admire Dante dans le Chant XXVI de la Divine Comédie, quand il rencontre Ulysse, compagnon de Diomède ; Ulysse, l'industrieux, Diomède, la fureur.

Par Jovialovitch - Publié dans : Ernst Suzelmayer, Œuvres complètes
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