Louis Vidal, nous voilà ! - De Clovis à Sarkozy (5/10)

Publié le par Jovialovitch


13.

 

NEKUIA – 5/10

Le dernier argument des rois

 

      Et le grand homme se retirait, dans la gloire immortelle d’un règne à jamais ancré dans les mémoires, avec dans le dos, le poignard ensanglanté d’un Ravaillac exalté. Et l’immense ballet français continuait ; la France en mouvement posait sur terre la puissance et la gloire de son éternité. Et voici le grand homme : Richelieu, retors et génial fondateur qui bâtit de ses mains arquées l’Etat français moderne. Il était là, le cardinal, premier de tous les premiers ministres, autour du vaste embrasement, en train de structurer l’ensemble, de solidifier l’édifice, pour que ce feu, immense, jamais ne s’éteigne. Et le temps passait, et la flamme montait toujours plus haute, toujours plus brûlante, et le dôme d’azur que formait le ciel semblait trop petit pour contenir toute la gloire de cette nation qui semblait cuire les tétons d’Atlas !... Et Louis Vidal regardait fasciné cet auguste spectacle ; il ressentait en lui quelque chose de nouveau, un sentiment puissant et élevé, comme un fierté émue, la sensation d’en être ; lui aussi, se trouvait un peu dans toutes cette foule, où s’ébattaient tous les enfants que la France avait eu, de Clovis à Sarkozy ! Et c’est là, dans l’impulsion souveraine de ces illustres épisodes, qu’un silence pesant se fit soudain, et que tous les acteurs cessèrent de bouger !... Et dans l’ample gravité qui inondait toute la scène, voici qu’un son glorieux comme les trompettes de Jéricho surgit d’entre l’espace, et qu’entre les flammes, se présenta soudain la silhouette d’un homme immense, élégant, imposant à force de charisme l’éclat singulier de sa prestance et de sa superbe. Cet homme ? « Louis XIV ! » « Oui c’est moi, le Roi Soleil qui avance vers toi, noble Louis Vidal ! Ah, mon pauvre ami, comme la douleur étreint mon âme en cette journée que je crains de deuil, et que j’espère de renaissance !... Souviens-toi Louis Vidal, quand tu étais perdu dans cette faille apatride, ni française, ni étrangère, ni rien qui vaille… eh, bien moi, et mon noble ami Platon, nous t’avons fait renaître de tes cendres, et grâce à notre danse lullienne, tu es revenu à la vie, toi qui l’avait nié trop longtemps pour espérer encore être français !... Ainsi, tu le vois, il y a toujours de l’espoir !... la France peut encore revenir à la vie… pour toi, Louis Vidal. Comme tu es revenu à la vie, pour elle. Seul l’amour peut encore sauver les nations. La France ne peut vivre que sous la domination de l’amour ! Un amour fraternel et collectif, voilà ce que c’est que la France !... Mon bon Louis Vidal, je me souviens du temps jadis, quand j’étais roi, que j’étais le plus puissant de tous les hommes, que je gouvernais seul, absolument, la première puissance du monde, la première superpuissance de l’histoire !... La France, mon jeune ami !... nous avions la terre, un pays, vaste, et des rivières et des fleuves et des champs d’azur ; nous avions les ports, les mers, les océans ; nous avions les villes, les routes, et les armées… nous détenions un territoire, que nous avons habillé d’une ceinture de fer si puissante et inaltérable que l’humanité pouvait bien disparaître : la Nature encore se serait souvenu qu’ici, dans ce bout d’Europe, une grande chose avait existé !... La France !... Mon bon Louis Vidal, nous avions tout !... nous étions au sommet du monde : nous avions les musiciens, les architectes, les artistes, les philosophes, les dramaturges, les poètes : nous avons fondé cette langue, française, si belle, si souple et chantante, nous avons fondé nos manières, notre art, notre Style, français : si la France existait depuis longtemps, alors moi, plus grand de tous les rois, j’ai donné du sens au mot français !... J’ai donné à ce peuple la fureur d’une épopée millénaire, où luisait le gloire et la prospérité : un siècle plus doré qu’aucun peuple n’en a jamais connu ! Gloire immortelle, comme un  baiser d’amour sur cet hexagone divin qui fut mien, si longtemps !... et si peu de temps à la fois… Ah, Louis Vidal, la France n’est rien sans les Français ; comprend-le bien… Et moi, qui te parle, moi que l’on surnomme, le Grand dans tous les livres d’histoire de la terre, moi, si je fus certes, l’Etat, je fus pas la France !... Non, elle est au-dessus, au-delà… où je ne sais !... Dans ce feu ardent qui n’est à personne, qui ne fait que brûler, et qui menace aujourd’hui de s’éteindre !... Louis Vidal !... Pourquoi ? Pourquoi, oui : pourquoi être parti, pourquoi l’avoir abandonné la France, pourquoi choisir cette marâtre, l’Eglise, mère si froide, si inhumaine, si méchante… l’Eglise ? Pourquoi cet affront ? Pourquoi cette folie ? La France… comme elle a du souffrir… de te voir choisir sa mère tant détestée. Pauvre fou !... Mais regarde ce feu… regarde ce feu ! Louis Vidal… là-bas, ce feu qui t’attend, Place de l’étoile !... c’est le signe : il y a encore de l’espoir ! »   

Publié dans Suite of this

Commenter cet article