Louis Vidal, nous voilà ! - De Clovis à Sarkozy (4/10)

Publié le par Jovialovitch


13.

 

NEKUIA – 4/10

Pour les deux mamelles de la France !

 

         Et Jeanne la Pucelle s’en alla, fière de son discours, et déjà, c’était toute une symphonie qui résonnait derrière elle ; et comme dans un grandiose spectacle Son et Lumière, voici que des milliers de figurants apparaissaient, et dansaient dans la fureur de l’histoire en marche !... Et dans le fracas de la Guerre de Cent Ans, voici que la France s’élevait, entière et totale, presque achevée, dans l’épanouissement complet de son être et de sa beauté, sous la forme coruscante d’une flamme gigantesque, qu’avait allumé le bûcher de Jeanne d’Arc, et qui se perpétuait en un feu rougeoyant, que des dizaines de générations nourrissaient d’exaltation, de dîme, et de fraternité !... Et des rois surgissaient de ce brasier intense, qui n’en finissait pas de fulminer sur l’Europe et le monde entier ! Et l’Amérique entrait en scène, et la Renaissance aussi, et tout cela ne faisait que rajouter paille et bûche à l’infernal brasier de joie ! Et la flamme grandissait, toujours plus ignée, grande et étincelante ! Mais diable soudain, dans un bruit de tonnerre : de grand et noirs corbeaux, venus de nulle part, déversèrent sur le fier brasier de grandes giclées d’eau, qui déchiraient les flammes en de grands cris de douleur et de vapeur !... « Les corbeaux de la Guerre civile ! » s’écriaient les pauvres français, que venait terrasser les fracas de la Saint-Barthélemy !... L’Oppression ! Le Massacre ! Et le vacarme, et le bruit des fers et du sang, et la France déchirée !... Et dans ce décor de mort et de souffrance, où la flamme de la France semblait s’éteindre, voici que surgissait Henri IV : « Salut, Français ! Et salut au plus français d’entre eux ! » Et Louis Vidal se prosternait devant le grand roi ; et Henri IV lui tint à peu près ce langage : « Mon bon et pauvre Louis Vidal !... Vois-tu la France que j’ai trouvé quand je suis arrivé au trône !... une France dont la flamme flambait toujours certes, mais qui menaçait de s’éteindre ! Connais-tu les horreurs de la guerre civile, Louis Vidal ?... j’ai du y faire face !... Déjà, hélas, la France avait cette maudite tentation suicidaire ; elle portait la main sur elle, la pauvre enfant !... Pays de guerre civile, s’il en est !... Alors j’ai du venir !... J’ai renié jusqu’à ma religion : Paris vaut bien une messe ! Et je me suis assis sur le trône. Et en dix ans, j’ai rendu à ce pays son calme et sa quiétude : j’ai ravivé cette flamme qui n’était plus que cendre !... Et après moi, cette flamme pu devenir plus grande que jamais ! Vois-tu, Louis Vidal, Jeanne d’Arc a sauvé la France, cela est vrai. Mais la France, à l’époque, n’était qu’une terre ; un lieu où la Pucelle était né, rien de plus. C’était un territoire, éteint, sans feu ni flamme, que l’on aime parce qu’on y est né, parce qu’il est le notre. Tout simplement. Elle aimait la France comme toi dans ta jeunesse. Alors certes, Louis Vidal, l’épopée glorieuse et stupéfiante de la Pucelle a enflammé ce territoire ; elle lui a donné le sentiment d’être et d’exister ! Elle en a fait quelque chose de plus qu’un simple territoire. L’hexagone enfin n’était plus qu’un amas de frontières, mais bien quelque chose d’autre, qui s’appelait la France ! Mais si cette flamme allumée à Rouen a perduré des siècles encore, dans le monde changeant, si la France est devenue pour les siècles suivants,  plus qu’un territoire, si elle devenue une nation, une chose sans territoire même, une idée, un absolu, une sorte d’éternité : c’est bien parce que moi, et ma dynastie l’avons forgé !... » Et Louis Vidal qui s’exaltait d’émotion devant tant de beauté et de vigueur et de d’éloquence !... « Mais, majesté, comment dois-je faire pour sauver la France, aujourd’hui qu’elle semble morte ? » Et Henri le regardait : « Par la poule au pot !... Louis Vidal !... La France est mystérieuse, sache-le bien ; c’est une flamme qui se brûle elle-même, c’est un feu que rien ne semble pouvoir arrêter sinon lui-même !... La France ne peut mourir par le temps, ni par l’extérieur !... Elle est la seule à décider si elle doit continuer à brûler, ou se laisser mourir !... elle est éternelle ! Et toi, Louis Vidal, si tu n’es pas la France, au moins tu es français… Tu verras, la France, ça flambe… Elle te regarde, la France, elle t’observe ; regarde-la là-bas, la France, qui brûle encore, place de l’Etoile… l’espoir… Elle t’attends !... Bientôt tu comprendras… et alors… tu raviveras cette flamme, maudite et sublime, qui nous obsède tous, nous autres, qui sommes nés dans ce petit bout de la Terre, qui brûle encore… et qu’on appelle la France !...»

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